Binche : la détresse d'une famille de louageurs

par
|

A Binche, l’annulation du carnaval 2022 a ravivé les craintes des artisans du folklore. Déjà fortement impactés par la crise sanitaire, cette nouvelle décision pourrait être synonyme de fin d’activité pour certains d’entre eux. C’est le cas d’un louageur qui envisage de se reconvertir.

Dans cette maison d’habitude particulièrement animée en cette période, seul le bruit d’une machine à coudre rappelle encore l’activité première des lieux. Une activité en passe de s’éteindre.

« Les autres années, on en a toujours un petit peu marre de l'entendre mais ici c’est vrai qu’on ne l'entend plus beaucoup. On l’avait remise en route en espérant avoir carnaval cette année. Ce sont ses dernières minutes de fonctionnement pour cette année. Et puis, si mon père continue, peut-être que dans le futur, il la remettra en route. »

Quentin Kersten a débuté le métier de louageur aux côtés de son papa il y a une vingtaine d’année. Comme les autres artisans du folklore, l’entreprise familiale est frappée par la crise sanitaire. L’annulation du carnaval de Binche 2022 a été l’annonce de trop. L’aide de 6000 euros proposée par la Ville aux louageurs ne sera pas suffisante pour anticiper l’avenir sereinement. En chômage Covid depuis 2 ans, Quentin pense maintenant à se reconvertir.

« 6000 euros, ça veut dire qu'on va pouvoir vivre deux mois, trois mois, au grand maximum. Je vais commencer à chercher de l’emploi. Maintenant, ce n'est pas dit que dans le futur, si c'est un emploi qui ne me convient pas à long terme, je ne reviendrai pas travailler ici. Mais si je trouve quelque chose dans lequel je m’épanouis avec un salaire décent et des jours de congé, on va réfléchir à deux fois avant de revenir. Je vais voir dans les prochaines semaines comment ça va tourner au point de vue carnaval. Le temps de chercher un emploi et de signer, à mon avis, juste après Pâques, ce sera fini. »

Une décision difficile à prendre mais qui semble inéluctable pour ce jeune louageur. Un désarroi partagé par les autres artisans binchois. Depuis lundi, les marques de soutien se multiplient à leur égard.

« J'ai demandé à louer un apertintaille. Les temps sont très difficiles pour les louageurs. Je le mettrai à ma fenêtre pour dire Voilà, je suis Gilles, je suis solidaire de mon carnaval ».

« Nous sommes sans argent. Il faut continuer à faire vivre la maison. J'ai encore un emprunt pendant cinq ans. Je dois continuer à le payer et on n'y arrive plus. C'est réel. Ce n'est pas du blabla, c'est pas de la pression qu'on met. On arrive à une issue actuellement. Quentin a décidé d'arrêter, sans lui, je ne pourrai pas suivre. L'issue fatale serait de revendre. », s’inquiète Karl Kersten.

Une piste sérieusement envisagée par Karl Kersten et son épouse. C'est tout un savoir-faire qui disparaîtrait. La suite de la saison carnavalesque sera déterminante pour la famille.

 

M. Pintus

Recommandations

Image

Braine-le-Comte : battues et chasses dans le Bois de la Houssière

Image

Le 18/18 du 24 janvier 2024

Image

Le 22h30 du 24 janvier 2024

Image
Mobilité : deux cyclostrades traverseront le Centre

Mobilité : deux cyclostrades traverseront le Centre

Image
Binche : la ville se met aux couleurs du Carnaval

Binche : la ville se met aux couleurs du Carnaval

Image
PFAS : on attend les résultats d’analyses à Seneffe

PFAS : on attend les résultats d’analyses à Seneffe

Image
Binche : quatrième édition du défilé "Coup de Chapeau"

Binche : quatrième édition du défilé "Coup de Chapeau"

Image

Strépy-Bracquegnies : les parties civiles restent mobilisées

Image

Strépy-Bracquegnies : le dossier d'instruction clôturé

Image

La Louvière : "On vote Citoye.ne ? !"

Image

Braine-le-Comte : la liste Braine ambitionne la majorité absolue

Image

Enseignement : les bienfaits de l'école du dehors

Image

Braine le Comte : des fanzines créés par des classes différenciées

Image

Binche : les soumonces en batterie avec les enfants

Image

Élections : le PTB du Centre a dévoilé le duo qui tirera la liste aux régionales