La réforme annoncée des rythmes scolaires aura un impact sur bien des aspects de la vie sociale et les loisirs. Un changement de calendrier d'autant plus marquant pour certains événements. A Binche, par exemple, les dates du Carnaval ne coïncideront plus nécessairement avec celle des vacances. D’où des craintes quant à l'affluence, la participation des jeunes dans les sociétés carnavalesques mais aussi le risque de pertes économiques.
Le Bourgmestre de Binche, Laurent Devin, ne le cache pas. Cette réforme des rythmes scolaires, bien que probablement nécessaire, n'est pas bonne pour le carnaval de Binche. Et si, dans l'histoire, la tenue éventuelle de jours gras en dehors des congés ne serait pas une situation inédite, l'effet répétitif d'un tel scénario serait très négatif.
« Ce sont nos traditions carnavalesques. D’habitude le Carnaval de Binche tombe pendant les congés de Carnaval. Ici, ce ne serait plus le cas. On serait également touchés au niveau économique. Si beaucoup de Binchois et de personnes de la Région du centre viennent, si des amis néerlandophones, des amis français et des amis des 5 continents viennent, il y a en majorité des personnes qui viennent de Wallonie et de Bruxelles, lors des 3 jours gras, explique Laurent Devin ».
Les enfants représentent une grande part des acteurs du Carnaval. La journée du lundi gras est consacrée à la jeunesse et les sociétés des Petits Gilles, Arlequins, Pierrots et Paysans sont uniquement constituées de jeunes Binchois. Des société souvent liées aux écoles du centre-ville. C’'est le cas des Paysans, issus du collège de Binche. Victor Gigounon en est le président.
« Dans le temps, on avait déjà eu le cas et les élèves binchois venaient les jours fériés pour rattraper le retard. Mais ce n’est pas l’idéal. On a toujours gardé un rythme qui fonctionnait très bien. C’est donc un point de vue négatif que nous émettons ici, explique Victor Gigounon».
Du côté de la direction de l'école, on pense qu'une solution locale est envisageable.
« Je pense que cette réalité peut être prise en compte par notre Bourgmestre et par les écoles elles-mêmes. Je ne pense pas que les choses soient figées par rapport à ce point mais ce n'est pas de mon ressort de décider, analyse Anne Verhaeren, la directrice du Collège de Binche. »
Les autorités communales souhaitent réunir, autour d'une table, les écoles, association de défense du folklore et du lundi gras, l’Horeca et les commerçants pour envisager des pistes à présenter à Caroline Désir. Laurent Devin espère trouver les bons arguments pour convaincre la ministre de l'Enseignement, socialiste tout comme lui.
« La ministre a sacralisé la formule « 7 semaines de cours, 2 semaines de congé », explique Laurent Devin. Or, la réforme commence l'année par 8 semaines de cours. Si on commençait par 7 semaines de cours, le Carnaval serait dans les congés de carnaval. Ça réglerait déjà le problème pour la première année. Je vais remettre des propositions à madame la ministre pour que le carnaval de Binche ne soit pas touché de manière trop forte par cette décision gouvernementale. »
N. Elet