Revolht, l’ASBL qui regroupe les riverains et citoyens opposés au projet de la Boucle du Hainaut d’Elia, a analysé l’étude indépendante menée par l’experte canadienne Menelika Bekolo et mandatée par la Région wallonne. Dans son analyse, le collectif regrette le peu d’éléments nouveaux apportés par l’experte et la non-actualisation de certaines données pourtant jugées comme essentielles par Revolht comme le débat sur la sortie du nucléaire, les projets de nouvelles centrales TGV ou encore l’accroissement de la production d’électricité offshore.
Il y a quelques jours en Commission du Parlement de Wallonie, le ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Willy Borsus (MR) a présenté brièvement les conclusions de l’étude menée par l’experte canadienne à propos de la liaison à haute tension, la Boucle du Hainaut. Un projet qui prévoit la création d’une nouvelle liaison aérienne de transport d’électricité entre Avelgem et Courcelles. Une ligne qui doit traverser une grande partie du Hainaut, d’où son nom, et notamment les communes de Seneffe, Ecaussinnes, Braine-le-Comte et Soignies.
Dans ses conclusions l’experte écarte l’une des principales contre-propositions formulées par Revolht à savoir l’enfouissement de la ligne. « Certains des choix technologiques sont moins envisageables ou carrément impossibles à réaliser car limitées par des contraintes techniques établies en application des notions scientifiques du génie électrique. Il s’agit notamment de l’enfouissement complet de la liaison » explique Menelika Bekolo. D’autres solutions sont aussi écartées non pas pour des raisons techniques pour facteurs de coûts.
Des arguments économiques que remettent en cause les membres de Reveohlt. « Nous regrettons aussi que Mme Bekolo ait pris position sur le coût des différentes solutions techniques sans en avoir fait une analyse complète et contextuelle. Elle n’amène qu’une confusion inutile. De plus, l’aspect coût doit être évalué dans sa globalité en prenant en compte les impacts socio-économiques et environnementaux : dévaluation immobilière, impact touristique, etc ... Nous tenons aussi à rappeler que le coût ne peut être un argument de poids par rapport à la santé humaine qui est un droit constitutionnel selon l’aricle 23 de la Constitution » inique le collectif d’opposants à la Boucle du Hainaut.
Revolht reproche également à l’experte de se baser sur les éléments avancés en 2017 par Elia pour justifier l’utilité de cette nouvelle ligne à haute tension. Or pour Revolht, le contexte a changé notamment à travers les incertitudes liées au débat sur la sortie ou non du nucléaire, aux projets de construction de nouvelles centrales au gaz, l’accroissement des productions éoliennes offshore ou encore la création de liaisons en Mer du Nord.
Autant d’éléments qui poussent Revolht a écarté les résultats de l’étude canadienne tout comme elle l’avait déjà fait les études précédentes. « La non prise en compte de l’ensemble de ces changements et de ces choix politiques rend cette étude et les précédentes (Elia et Jin Dhai) ainsi que leurs conclusions caduques et non pertinentes ».
Comme l’avait indiqué au Parlement de Wallonie Willy Borsus, une rencontre devrait prochainement réunir l’experte Menelika Bekolo et Revolht.
A. Laurent