On en sait un peu plus sur ce que risque le personnel des soins de santé qui refuserait de se faire vacciner. Un accord avait déjà été trouvé entre les partis de la majorité fédérale sur l'obligation vaccinale du personnel soignant. Ce lundi, ils se sont mis d'accord sur les sanctions qui seront appliquées. On parle de licenciement dès le 1er avril. Les organisations syndicales n'ont pas tardé à réagir.
Ces images datent de février dernier. La vaccination du personnel soignant débutait. Ils sont aujourd'hui 90% à être complètement vaccinés. Mais on le sait, la vaccination deviendra obligatoire pour les autres à partir du 1er janvier. Ils auront alors 3 mois pour s'y conformer sous peine d'être licenciés dès le 1er avril. Une obligation vaccinale qui passe mal auprès des organisations syndicales qui y voient une stigmatisation du personnel du secteur des soins de santé.
"Nous avons pris le parti de ne pas nous positionner par rapport à la vaccination, précise Sabrina Gervasi, secrétaire régionale du SETCA Centre. Ce n'est pas une compétence syndicale mais médicale. Mais nous sommes opposés à la stigmatisation de la vaccination obligatoire pour une catégorie de travailleurs en particulier."
"C'est une stigmatisation du personnel de santé sans aucune concertation sociale, ajoute Carl Yernaux, permanent CNE pour les hôpitaux de La Louvière. Le seul endroit où nous avons été consultés, c'est au Conseil national du Travail qui a rendu un avis il y a déjà un bon bout de temps. Nous refusons donc la stigmatisation d'un personnel de santé qui souffre depuis le début de la crise. On les applaudissait il y a un an, aujourd'hui, on les met au ban de la société."
L'avant-projet de loi prévoit dans un premier temps la suspension avec droit au chômage temporaire du personnel qui refuserait de se faire vacciner. Un refus qui conduirait à un licenciement de plein droit dès le 1er avril. Même si on parle de 10% du personnel médical, le fonctionnement des hôpitaux pourrait bien s'en retrouver perturbé sans oublier que des actions sont également possibles.
"Dans les 10% de non-vaccinés, certains disent qu'ils feront autre chose. Mais il ne faut pas oublier que l'obligation prévoit aussi la troisième dose, rappelle Carl Yernaux. Et dans les 90% de vaccinés, certains disent déjà qu'ils ne la feront pas. C'est donc bien plus de 10% qui risquent d'être suspendus. Je ne sais pas comment notre système de santé va continuer à fonctionner"
"Il y aura une réaction, conclut Sabrina Gervasi. Qu'on soit vacciné ou pas, on ne peut pas accepter qu'un travailleur soit sanctionné parce qu'il a décidé de ne pas l'être. Il y aura une réaction des non-vaccinés, mais aussi des vaccinés qui sont contre le fait de voir un collègue sanctionné."
L'avant-projet de loi sera, ce vendredi, sur la table du conseil des ministres. Il devra ensuite être examiné par le Conseil d'Etat.
J. Hannon