Keramis ouvre sa saison d’été avec un artiste bien dans l’esprit du surréalisme louviérois. Même s’il est français, François Curlet est très belge dans sa conception de la création. Son exposition Mega Mug and Bike-Plugged se tient dans la "chapelle" du musée. Un musée qui a mis son parcours d’été aux couleurs de l’humain et de l’histoire de la faïencerie fermée il y a 10 ans.
François Curlet a adopté la Belgique pendant 30 ans et il se sent tout particulièrement complice du surréalisme poétique qui règne en Hainaut. Pour lui, le musée Keramis est idéalement placé dans une ville qui fleure cet esprit. Un esprit selon lequel il travaille depuis toujours. Cet artiste d’expression multiple n’est pas attaché à une technique en particulier. Il a imaginé son dernier projet au départ d’un simple mug éroticohumoristique.
C’est donc en artiste résident qu’il a fait plusieurs allers-retours entre la France où il est retourné vivre et La Louvière. Avec le confinement et l’étirement du temps, il a eu tout loisir de laisser grandir son projet et son inspiration au hasard de ses recherches sur le soutien-gorge. Pour en arriver à une étude comparée du fétichisme sexuel et des hipster cyclistes.
« Je trouvais qu’il y avait la même forme d’obsession quelque part. »
Une idée en entraînant une autre… Et d’ailleurs, le sexe c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.
Comme à Keramis, une expo n’arrive jamais seule, un nouveau parcours prend le large cet été dans le musée. Fortes de quelque 10.000 pièces, qui sont aussi des archives, photographiques notamment, la collection du musée s’articule cette fois autour de l’histoire des hommes et des femmes de la manufacture. Du grand artiste comme Catteau ou Chevalier, aux ouvriers et ouvrières en passant par les décorateurs et décoratrices. Une façon de rappeler que cette année marque les 10 ans de la fermeture définitive de Boch Frères Keramis- Royal Boch.
Enfin, deux nouveaux carnets pédagogiques au design très sympathique sont à disposition, l’un des familles, l’autre des élèves. Assez semblables, ils évoquent l’histoire, les styles et expliquent les techniques.
N. Roland