Ce jeudi après-midi, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé que les cours seraient suspendus dès ce lundi dans les classes de maternelles. Mais pour ne pas contredire le Comité de concertation, où siège le ministre-président de la FWB, le mot fermeture n’a pas été utilisé.
Mercredi, le Comité de concertation, où sont représentés gouvernement fédéral et gouvernements des communautés et des régions, a décidé de suspendre les cours dans l’enseignement primaire et secondaire mais de laisser ouvertes les écoles maternelles. Une différence de traitement qui a suscité énormément d’incompréhension dans le monde enseignant.
Ce jeudi, face à la grogne, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé d’aller plus loin et de suspendre également les cours dans les classes de maternelles. Sans néanmoins utiliser le mot « fermeture » afin de ne pas contredire directement le Comité de concertation. Comme dans les autres niveaux d’enseignement, des garderies pourront être organisées. « Les élèves seront toujours accueillis au sein de l’établissement. Mais il est demandé aux parents de garder au maximum leurs enfants à la maison et de trouver des solutions de gardes alternatives (à condition qu’elles n’impliquent pas des personnes à risque) » indique la FWB. La volonté du gouvernement est donc bien qu’il n’y ait pas d’élève dans les écoles à partir de lundi.
Dans la circulaire parue ce jeudi après-midi, la ministre de l’Enseignement, Caroline Désir, tacle aussi celles et ceux qui selon elle ont pointé du doigt la responsabilité des écoles dans la situation sanitaire actuelle. « Je regrette profondément que le sérieux des acteurs de l’école dans le respect des normes – parfois tellement complexes au regard de leurs réalités - ait pu être remis en question par certains, alors que vous méritez au contraire des remerciements infinis ». Caroline Désir conteste également la place des écoles dans la propagation du virus. « Les écoles ne sont pas subitement devenues, en mars, le lieu de tous les dangers bien qu’il soit incontestable que des contaminations puissent s’y produire. Les enfants et les jeunes ne sont pas soudain devenus des bombes épidémiologiques, à qui il faudrait imputer la responsabilité de la crise. Aucune étude scientifique, aucune observation n’est venue contester les principes qui ont guidé l’organisation de l’école en contexte de crise COVID depuis la rentrée ».
La ministre de l’Enseignement précise encore que l’objectif reste de reprendre les cours en présentiel pour tous les élèves après les vacances de Pâques, le 19 avril.
On comprend à travers ces prises de position que les discussions ont dû être particulièrement vives au sein du Comité de concertation et que pour que chacun ne perde pas la face, les différents gouvernements ont dû jouer sur les mots pour décrire une réalité : les écoles n’accueilleront quasiment aucun élève à partir de lundi.
A. Laurent