Depuis plusieurs mois, les pompiers de la zone Hainaut-Centre sont en conflit avec la ministre de l’intérieur. En cause la décision d’Annelies Verlinden de casser le point du règlement de travail de la zone qui permettait aux pompiers d’effectuer des gardes de 24h et non plus des gardes de maximum 12h. Une décision que contestent les membres du personnel ainsi que le président de la zone. D’autant que les gardes de 24h sont pratiquées depuis longtemps à Charleroi, Liège, Bruxelles ou Anvers.
Verra-t-on encore ces images de mobilisation de pompier comme cet été à La Louvière. Rien n’est moins sûr. Tant le blocage persiste avec la ministre de l’intérieur sur la possibilité pour les hommes et femmes du feu d’effectuer des gardes de 24h. Président de la zone de secours et membre de la commission intérieur de la Chambre, Eric Thiébaut ne comprend pas la position d’Annelies Verlinden.
« Ce qui est un peu bizarre c’est que la ministre n’autorise pas les pompiers de la zone de secours Hainaut-Centre de travailler en 24h mais que les pompiers de Liège, de Charleroi, de Bruxelles, d’Anvers le font. Mais pour l’instant nous sommes dans un blocage politique et juridique avec la ministre de l’Intérieur » regrette Eric Thiébaut.
La colère dans les casernes
Et plutôt qu’assouplir sa position, la ministre de l’intérieur a même évoqué un moment le passage à des prestations de 8h pour tous les pompiers du pays suscitant la colère au sein des casernes. Et si du côté fédéral on évoque l’impact des gardes de 24h sur la santé des pompiers. Sur le terrain, ces arguments sont contestés.
« Les pompiers travaillent en caserne. Ils ont besoin de s’entrainer, de se former, de travailler en équipe pour travailler leurs réflexes pour avoir les bons gestes sur le terrain. Et donc ils organisent au mieux leur travail et leur vie de famille quand ils travaillent en 24h », explique le président de la zone de secours Hainaut-Centre.
Revendications sans réponse
Et ce conflit sur les gardes vient s’ajouter aux autres revendications non rencontrées comme en terme de conditions de travail, de pension ou d’avancement. Une situation qui a amené le syndicat SLFP a déposé fin octobre un préavis de grève au niveau national. Et à cela s’ajoute le manque de plus en plus criant de pompier volontaire mettant en péril le fonctionnement de certaines casernes et donc la sécurité de la population. Autant dire que le feu couve et que le niveau fédéral dont dépend la sécurité civile est appelé à rapidement prendre ses responsabilités.
A. Laurent